mardi 23 novembre 2010

Le vélo c'est dangereux ?

Vendredi dernier, en montant dans le TER, un VTT American Eagle d'un joli vert m'attire l'oeil. La finesse des tubes indique qu'il est fait d'acier, quelques détails laissent supposer à l'oeil averti que le vélo est de qualité. J'engage donc la conversation, en complimentant le cycliste sur sa monture...

Il est souriant et expérimenté : il a un passé de 25 ans de cyclotouriste, et plusieurs années de VTT. Il prend également son vélo quotidiennement et profite de l'intermodalité vélo / TER pour se rendre à son travail. En face, je ferais presque pâle figure avec mon retour au vélo qui, en comparaison, sent encore le neuf. J'écoute donc avec respect son avis... qui me laisse un goût un peu amer.


Si je devais résumer, son message est : le vélo c'est dangereux ! Son argument choc : certes, c'est plaisant de rouler, mais la route c'est la roulette russe pour les vélos, usagers faibles. Les voitures font n'importe quoi. C'est de pire en pire. Il a choisi d'adapter le code de la route pour se protéger, en roulant sur les trottoirs par exemple... D'ailleurs, c'est pour ça qu'il s'est mis au VTT : sur les chemins, au moins, il n'y a pas de bagnoles ! Bref, il semble avoir abandonné l'idée de pouvoir rouler sereinement sur la route... Amer, je vous dit !

Attention, loin de moi l'idée de porter un jugement. Au contraire d'American Eagle, je n'ai pas eu la tristesse de perdre des copains fauchés par les voitures. Mais je suis triste de constater que ce discours alarmiste, se retrouve ainsi parmi ceux sont à l'aise sur un vélo, et dont on pourrait penser qu'ils sont à l'aise dans le traffic... apportant ainsi que l'eau au moulin de tous ceux qui refusent ne serait-ce que d'essayer de faire une fois le trajet domicile-travail à vélo, parce que le vélo c'est dangereux ?

Tout ceci me dérange à plusieurs niveaux :

1. La rhétorique du : je ne fais pas de vélo sur la route par peur des autres usagers de la route, donc je continue à circuler en voiture est une pente glissante qui n'a d'autre issue que le mur. De même que la variante avec les maladies respiratoires en période de pic de pollution !

2. Le non-respect revendiqué du code de la route, même basé sur un besoin de protection, évoque pour moi la même glissade. N'est-ce pas ce même code de la route qui stipule que le conducteur doit rester maître de sa vitesse et de son véhicule, qu'il doit doubler le cyliste avec une distance de sécurité d'1 mètre en ville et 1,5m hors agglomération etc... Comment être crédible en faisant une remarque aux automobilitstes en faute si soi-même on ne le respecte pas ?

3. Et surtout, je définis quelquechose de dangereux comme source de danger. Or ici, la source du danger, ce n'est tout de même pas le vélo ?!?? Alors, comment mieux formuler la crainte de prendre sa place sur la chaussée ? Les voitures sont dangereuses ? Même pas ! Regardons la situation en face : personne n'a peur d'une voiture vide, stationnée. Elle ne mord pas, si ? La vrai source du danger, c'est le comportement de celui ou celle qui conduit... Eh oui, beaucoup ont perdu de vue qu'une voiture est une masse d'une tonne, avec laquelle l'inattention (quand ce n'est pas la mauvaise intention) peut avoir un poil plus d'effet que laisser échapper son plateau du self.

Brrr... on se laisse gagner par la vision morose d'American Eagle alors ?
Certainement pas ! Je ne dis pas que tout est rose, mais de mon côté depuis 2008 je senti une amélioration du respect des vélos de la part des voitures. Et surtout, le vélo est d'autant moins risqué que le cycliste AN-TI-CI-PE. Habituons les voitures à croiser des vélos, adaptons la vitesses aux circonstances, plaçons nous bien sur la chaussée...


Bref, circulons zen, prenons de la hauteur... tel un aigle américain ?

lundi 15 novembre 2010

Pendant ce temps-là, en Belgique...

Les belges ont décidément des idées d'avance pour encourager l'usage du vélo au quotidien. Oui, bon, on a toujours tendance à trouver l'herbe plus verte chez le voisin, mais voici trois initatives qui me plaisent bien :

Ils ont déjà instauré - depuis 1999 ! - l'indemnité kilométrique vélo : les employés peuvent recevoir une indemnité vélo (plafonnée à 0,20 €/km) de leur employeur, exonérée d’impôt pour l’entreprise et pour l’employé.

Ils ont créé le cycliste qui valait trois milliards, en la personne de Ralph Ancel ! Ces vidéos sont vraiement bien faites, et didactiques.

Ils ne se reposent pas sur leur lauriers, comme en témoigne l'opération "winter trophy" qui démarre aujourd'hui. Des lots à la clé pour les cyclistes, histoire de les motiver à garder les bonnes habitudes tout l'hiver. Ah, l'hiver, pas une saison à mettre un vélo dehors ? Il est facile de le penser, bien au chaud derrière son pare-brise.

Voici deux éléments de réflexion qui tentent d'apporter un jour nouveau sur la question, issus de ma modeste expérience hivernale :
  • Je trouve amusant qu'on me demande si je n'ai pas trop froid. Oui, il faut s'équiper mais les gens qui me questionnent sont souvent des adaptes des sports d'hiver. Si on cède au cliché, ne fait-il ne fait pas froid, à 2000m d'altitude, assis sans bouger sur un télésiège trempé, le vent dans la poire ? Ca n'a pas l'air de les freiner beaucoup... Il faut aussi souligner qu'à vélo, on a toujours tendance à trop s'habiller. Le problème, c'est plutôt de ne pas avoir trop chaud !
  • Avec une dose minimale de fepalcon (R) ou de vazymollo (C), maîtriser un vélo sur la neige (avec des pneus non lisses standard) est bien plus aisé qu'une voiture. Et au moins, si on se plante, on ne risque pas d'écraser la poussette que la jeune maman s'échine à faire rouler droit, sur le trottoir... Et la glace, petit malin ? Là encore, des équipement efficaces et relativement abordables permettent de rester serein sur le verglas : les pneus cloutés. Eh oui, ça existe pour les vélos, et la paire ne revient pas plus cher qu'un plein d'essence. Pour les avoir testés l'hiver dernier, c'est bluffant d'efficacité.
Bon, j'arrête là ma digression, et bon trophée aux vélotaffeurs belges, une fois !

Mouillé, moi ?

Pour le titre de ce premier billet, j'ai trouvé l'inspiration sur l'excellent blog Marche ou crève, qui avait commencé par "Froid moi?...Eh oui, coïncidence, il pleuvait des cordes ce matin en région Lyonnaise. Un temps à ne pas mettre un cycliste dehors ! Me glisse-t-on à l'oreille. Ah bon, vous êtes en sucre ?

Ce matin j'ai donc sorti le grand jeu : veste de pluie, pantalon de pluie, et sur-chaussures.
Et c'est parti pour la bouffée d'air frais matinale ! Conjugaison de la nuit (phare avant allumé) et de la pluie (projection d'eau dans le faisceau dudit phare), j'ai même eu droit à ma version des grands eaux nocturnes du château de Versailles, au moins ?!

En arrivant au travail, un seul autre vélo témoignait que oui, faire du vélo sous la pluie, c'est possible ! Ca tombe sur le sens, mais ça va mieux en le disant : il n'y a pas de mauvais temps, il n'y a que des mauvais équipements. Ma panoplie s'est averée très efficace : a l'arrivée au boulot après mon trajet de 7km + 2km, j'étais au sec. Soit dit en passant, ce n'était pas le cas de tous mes collègues venus en voiture, qui ont dû traverser le parking...

J'esquisse un sourire en envoyant ce pique somme toute gentillet à mes collègues enclumistes. Résolution du nouvel an 2008, ma conversion au vélotaf est à la fois trop récente pour faire figure de "vieux de la vieille" et trop ancrée dans mes habitudes pour provoquer encore l'étonnement dans l'open space. Ex-accro à la voiture, la praticité, le pragmatisme et tout simplement le plaisir m'ont ouvert les yeux. A propos du vélo, mais pas que...